L'avenir en question

Publié le par Jean


Cet article n’a pas grand chose à voir avec la construction du Moth... Je cherche juste à lancer sur la place publique une sorte de débat sur l’avenir de la classe en France...

Nous recevons en fait de nombreux signaux contradictoires... David, le président historique et le moteur de la classe, suite à des ennuis perso se désengagerait et vend son mythique Little Wings. En même temps, Sébastien Josse achète le bateau de Rohan et de nombreuses personnes s’intéressent à cet engin... Du coup, la classe est complètement moribonde (en France) alors que paradoxalement jamais le Moth n’a été aussi présent dans les esprits et les rêves de gens. Alors où allons-nous et que devons nous faire pour que tout aille mieux ?

D’abord, il convient de noter que l’environnement n’est pas très favorable. La voile - pour les français - c’est la voile au large ou la planche à voile voire le cata. Rarement les dériveurs... La voile - pour les instances fédérales - c’est les filières avant tout, ce qui ne sert pas vraiment la voile en général. Nous entrons dans un autre débat... mais il est sûr qu’au moment de choisir entre un Funboard et un 420, il faut avoir la régate dans la peau pour choisir le 420 !

Dans cet environnement peu favorable au dériveur, le Moth occupe une place à part pour deux raisons:
* classe à développement, il inquiète par le côté bricoleur fou et l’inquiétude de devoir changer souvent de monture. Pourtant - à moins de vouloir jouer les championnats du monde, il y a vraiment moyen de régater et de s’amuser sans dépenser beaucoup ! Sur un lowridder, la dépense peut même être ridicule pour des sensations terribles.
* bateau extrême, il inquiète autant qu’il fascine. Les réactions des gens autour de moi le prouvent. Il serait cependant contreproductif de vouloir le vendre comme plus simple qu’il n’est. C’est un bateau qui nécessite un réapprentissage de tout, une condition physique raisonnable et une bonne dose de volonté. C’est même ce qui en fait une partie du charme: c’est une usine à sensations mais il se mérite !

Dernier point à charge, sa diffusion pour le moment confidentielle limite le nombre de personne qui le connaissennt et souhaitent l’essayer à un cercle d’initiés et leur entourage...

Alors sommes nous condamnés à ne rester que quelques uns à la traine des anglais et autres australiens ?

Un premier point, c’est sans doute de rester modeste. Nous partons de si bas, la culture de classe à développements est si proche de zéro qu’il ne faut pas rêver. Quoique nous fassions la classe va rester faible et à la merci du désistement d’un seul de 3 ou 4 mousquetaires qui la soutiennent. Et cela va durer pendant encore quelques années...

Mais nous avons des atouts. Tout d’abord la médiatisation grâce à l’avénement des foils va jouer en notre faveur. Il faudra sans doute l’aider en envoyant des communiqués à la presse à chaque fois que le moindre évènement se produira... Par exemple, il serait un bon point de communiquer sur l’arrivée d’un champion tel que Sébastien dans la classe !

Ensuite, se montrer sur l’eau. Il est évident que là où un mothiste navigue, très rapidement, il attirera des gens qui n’en aurait jamais entendu parlé avant et qui seront - pour certains - séduits. Ne pas hésiter à faire essayer son bateau ! Ce sera encore plus vrai pour les machines sur foils qui deviendront très rapidement l’attraction d’un plan d’eau où ne se trainent que des tradis !

C'est un bateau qui est en partie en phase avec les désirs de sports fun et un peu extrême des nos contemporains. Il ne satisfait pas à tous les desiderata (la simplicité) mais possède l'avantage indéniable d'être extrême sans être dangeureux... à moins de souhaiter traverser l'Atlantique avec !

Enfin, comme sur l’eau, il faudra être persévérant pour y arriver. Inviter 10 fois les gens à une régate pour les voir une fois. Être sans cesse présent pour écouter et conseiller les gens intéressés... le tout en durant jusqu’au moment où cela roulera mieux...

Le Moth a donc bien des atouts en main... Maintenant, c’est à chacun de nous de décider si le jeu en vaut la chandelle mais il serait bien dommage qu’à cause de notre frilosité, la France passe à côté de la révolution foil après avoir raté le passage aux skiffs !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
Bonjour j aimerais justement essayer ce merveilleux bateau. Un propriétaire serait il à même de pouvoir le faire essayer? J' étais il y a peu en NZ et en Australie,mais je n ai pas eu de chance avecle temps pour l essayer !!!Frederic 0608021542
Répondre
J
<br /> Bonjour,<br /> <br /> Cela ne devrait pas poser trop de problème.<br /> <br /> Moi je suis sur Grenoble et un peu seul. Je ne prête mon bateau qu'avec réticence (comme il est de construction perso, j'ai toujours un peu peur pour lui) mais bon... Par contre, il y a pas mal de<br /> Suisse à Génève (voir sur le site de leur classe: http://www.swissmoth.blogspot.com/)<br /> <br /> Sinon le gros de la flotte se trouve en Bretagne. Pour trouver quelqu'un envoie un mail à Nicolas (nico at moth point fr) ou poste un message sur le forum de Breizhskiff.com.<br /> <br /> Il y a quelques bateaux en Méditérannée mais peu actifs et je ne sais pas les joindre !<br /> <br /> Bonne quête,<br /> <br />     Jean.<br /> <br /> <br /> <br />
S
Salut Jean,Je suis comletement avec toi pour cette "reconquête do moth intl en france". C'est vrai que trop peu de personnes en possèdent et que la voile, à part en ce moment grâce au vendée globe n'est pas aussi prisée que le foot (par exemple).Je ne peut par contre pas te garantir d'en acquérir un pour grossir la flotte mais essayer de le faire découvrir à d'autres personnes ensuite c'est du bouche à oreille.Le problème reste encore que beaucoup de personnes auront beau l'aimer ils n'en feront pas forcément.Rien que la médiatisation peut certainement donner un coup de pouce à l'avenir de ce bateau mais ils faut aussi proposer des essais (par exemples).voilement tiensimon
Répondre
F
où peut on apprendre à naviquer sur ce bateau? <br /> Faut il en acheter un d' emblée?<br />  <br /> Frederic
Répondre
J
Bonjour, Il est effectivement impossible de trouver une école de Moth... Il faut donc se lancer dans le vide ! On apprend sur le tas en s'aidant au maximum des conseils des gens qui pratiquent.Selon où tu habites, tu dois par contre pouvoir trouver quelqu'un qui te fera essayer le sien pour te donner une idée de ce qui se passe... mais il ne faut pas se leurrer, les premières fois sont plutôt humide !
J
Pour éviter de gérer quinze discussions à la fois, je vous informe que le débat vient de rebondir sur Breizhskiff (http://www.breizhskiff.com/forums/index.php?topic=4367.30) et qu'il va se continuer là-bas.    Jean.
Répondre
A
bonjourclient potentiel ? perso je n'aime pas le moth int pour son look. par contre je suis attiré par les moths sur foils parce qu'ils sont les seuls à en avoir pour le moment. je suis intéressé par la découverte de cette nouvelle façon de naviguer et par sa difficulté. ( un peu comme la planche à voile m'a attiré dans les année 79,80 ). le fait de pouvoir régater dessus est indispensable, a mon avis, pour pouvoir progresser. seulement les choses sont en pleine évolution: construire un moth ou l'acheter en ce moment c'est prendre le risque d'avoir un engins complètement dépassé dans 6 mois! si le projet du bladerider abouti, cela fixera les choses pour qq temps et donc l'investissement pourrai être envisager. le coté monotype me rassure, bien que  seule une jauge libre peu faire évoluer et améliorer les bateaux..c'est cette liberté de jauge associé a une contrainte de faible longueur qui a fait naître  le foileur....
Répondre
J
Le look des moth est source de débat. Il est vrai que mon Axeman5, bof, bof... Maintenant les coques modernes genre Little Wings ne sont pas dénuées d'élégance.Il ne faut pas vraiment sous-estimer le potentiel plaisir des Moth classiques. Les accélérations et la vitesse atteinte sont super. La difficulté est présente.Au niveau de l'évolution, il ne faut pas se leurrer. Le bateau joue énormément à haut niveau mais pas au niveau pratiqué sur les régates française. David - avec son "vieux" Little Wings - a écrasé de son talent tous les Moth plus modernes (avec ou sans foils) au Der. La difficulté intrinsèque du bateau fait qu'à moins de dispositions particulières ou de vouloir jouer à très haut niveau, l'importance de la monture est bien moindre que l'expérience du barreur et n'a pas l'importance qu'on voudrait le croire... Pour les révolutions qui relègueraient les foilers courant au rang de pièce de musée, il n'y en aura pas avant que la classe ait digéré et optimisé les foils et y'a encore du taf' !  En tout cas, il ne faut pas avoir peur du côté développement de la classe, c'est ce qui fait son charme et permet d'avoir des sensations à moindre frais. Une dose de carbone, deux doses de vol et la vie et belle !